| |
Revue de presse
Le Monde - 08.07.2010
5-plus Dimanche - 23.05.2010
Le mauricien 22.05.2010
Le Matinal - 17.05.2010
Le Monde - 05.02.2010
Le mauricien - 04.12.2009
L'express - 13.11.2009
L'express - 10.11.2009 |
|
Revue de presse
Le Monde - 08.07.2010

Force de dissuasion littéraire
Ça pourrait être une devise latine : "si vis pacem para librum." Si tu veux la paix, si tu souhaites dépasser les antagonismes brutaux et approcher la complexité du monde, alors lis, compare, relativise, évite de foncer tête baissée dans le premier conflit venu. Oui, les Anciens ont tous dit cela. Le rôle civilisateur de la littérature est une idée très vieille et très banale.
Bien moins banal en revanche est l'effort qui consiste à la mettre en pratique. C'est ce qu'a entrepris J.M.G. Le Clézio avec sa Fondation pour l'interculturel et la paix qu'il a basée sur l'île Maurice et qui, avec le soutien des Nations unies, lance ses premières actions.
Pourquoi implanter un projet si ambitieux sur ce minuscule confetti de l'océan Indien ? L'île du Chercheur d'or n'est-elle pas celle du brassage, où le moindre chauffeur de taxi, né de mère musulmane et de père hindou, étudie en anglais, converse en français ou en créole et s'excuse de sa maîtrise imparfaite du mandarin ? "Ce pays peut sembler infime par sa taille et son pouvoir économique, mais il est vaste par l'expérience, explique le Prix Nobel qui a aussi la nationalité mauricienne (son père, médecin, était né dans l'ex-colonie britannique). Comme la plupart des îles à sucre colonisées, il a connu tous les drames de l'histoire, sauf un qu'il ne saurait envier aux grandes nations, la guerre." Comme Glissant, Le Clézio pense que"les îles ont cent ans d'avance sur les sociétés continentales en matière de rencontre interethnique et religieuse". Mais leurs modèles sont fragiles. Les émeutes liées à la mort du chanteur Kaya (1999) montrent bien que "la poudrière peut détoner à tout instant".
Et c'est là que les livres entrent en jeu. "Ils sont le levier de l'éducation interculturelle, une formation fondée sur la lecture des textes de l'autre et sur l'apprentissage de ses mythes", explique le linguiste et sociologue Issa Azgarally, pilier de la Fondation et auteur de L'Interculturel ou la guerre (2005). Pour cela, quoi de mieux, par exemple, qu'une anthologie des contes fondateurs de toutes les ethnies pour intérioriser dès l'enfance les représentations du voisin ? Une malle aux livres - des fictions de toutes les aires culturelles - tourne déjà dans les écoles primaires, alimentée par les éditeurs de Le Clézio, dont Grove Atlantic et Gallimard, et accompagnée de panneaux mobiles sur l'identité.
Rien de "spectaculaire", une vision à long terme pas du tout dans l'air du temps : ici ou là, le projet fait douter - M. de Chazal déjà parlait de creuset de civilisation ! "Il peut paraître naïf, convient Le Clézio, mais j'y crois fort. L'interculturel n'est pas un luxe d'intellectuel, c'est une nécessité pour échapper à la violence et à l'enfermement communautaires". S'il réussit dans son laboratoire de Port-Louis, Le Clézio exportera ses expérimentations - "La Corée du Sud est intéressée, pourquoi pas la France ? La planète est notre île à tous..." S'il réussit, il aura inventé la force de dissuasion littéraire.
|
5-plus Dimanche 23.05.2010

L’interculturel raconté aux enfants

|
Les enfants, c’est l’espoir d’un lendemain meilleur. Mais pour commencer, ils doivent connaître les valeurs culturelles et artistiques du monde dans lequel ils vivent. Voici dix bonnes raisons pour commencer. |
Tout un itinéraire qui commence à travers l’école. C’est ce que nous propose la fondation pour l’interculturel et la Paix (FIP), en collaboration avec le Mauritius Institute of Education (MIE), pour Tous parents, tous différents. Au programme : dix panneaux destinés aux enfants de l’île Maurice où de nombreuses valeurs sont expliquées.
Le projet a été lancé le jeudi 20 mai par Jean Marie Gustave Le Clézio en présence du ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree. Le prix Nobel de littérature a mis l’accent, dans son discours, sur le fait que «l’île Maurice est un exemple pour le monde». «Nous arrivons à vivre avec plusieurs communautés mais c’est une entente très fragile (…) L’important c’est d’appartenir à cette grande famille qu’est l’humanité», a-t-il déclaré, entre autres.
Le ministre Bunwaree a, lui aussi, évoqué le sujet : «Nous vivons dans un État pluriethnique, avec une recherche d’équilibre et de respect. L’État prend en compte la diversité ethno-culturelle pour favoriser le dialogue.»
JMG Le Clézio a également procédé à une distribution de livres en compagnie du ministre. «Un livre ne pèse pas lourd, mais pèse le poids du savoir», a-t-il alors souligné.
On retrouve sur les panneaux, entre autres, des explications sur les grands artistes de notre temps (allant de Ti Frère à Louis Armstrong en passant par les Beatles), sur les monuments faisant partie du patrimoine mondial (La Tour Eiffel, Le Morne, entre autres) ou encore sur des thèmes tels que le racisme et l’identité. Le tout présenté de façon colorée et artistique. Et parmi toutes ces infos, une citation qui marque : Ena ene sel race, race dimoun !
Aujourd’hui, 23 mai, à 14 heures au Centre de jeunesse de Souillac, Le Clezio rencontrera des enfants de la localité. Cette rencontre sera précédée d’un atelier d’écriture animé par Carl de Souza.
|
Le mauricien 22.05.2010

"Que les parents ne défassent pas votre travail "
" Faites attention à ce que les parents ne défassent pas ce que vous faites faire aux enfants ", à déclaré le ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree, aux organisateurs de l'exposition itinérante Tous parents, lors de son ouverture au Mauritius Institute of Education (MIE), à Réduit, hier. C'était en présence du Prix Nobel de littérature 2008, Jean-Marie Leclézio, et d'Issa Asgarally, tous deux membres fondateurs de la Fondation pour l'Interculturel et la Paix, initiatrice du projet d'exposition.
Vasant Bunwaree a toutefois ajouté qu'il a été prouvé que dans certaines situations, ce sont les enfants qui font l'éducation des parents. Tel a été le cas pour la campagne de prévention de la grippe H1N1. Félicitant la Fondation pour l'Interculturel et la Paix de son initiative, M. Bunwaree a affirmé qu'au ministère de tutelle comme au gouvernement, " nous sommes très conscients du caractère multi-ethnique de notre population scolaire, en particulier de son énorme défi ". " Le principe de l'interculturel est une composante essentielle et inévitable au cœur de notre politique éducative. Notre politique interculturelle dépasse largement cette politique multiculturelle, désormais dépassée ", poursuit-il.
 |
Le ministère, dit Vasant Bunwaree, encourage la valorisation d'" un terrain d'entente avec des aspirations différentes mais partagées par toutes les communautés ". La politique éducative, dit-il, doit se donner comme objectif la recherche d'un équilibre et d'un respect entre les différences, qu'elles soient culturelles, linguistiques ou religieuses. |
Le ministre a tenu à remercier Jean-Marie Leclézio de se dévouer à la cause de l'interculturel au sein de l'éducation mauricienne. Ce dernier devait, dans un langage imagé, en improvisant une histoire, faire comprendre le concept de l'interculturel aux enfants présents hier. Pour JMG Leclézio, la différence de couleur de peau n'est pas importante : " Ce qui est important, c'est d'appartenir à la grande famille de l'humanité ", dit-il. Évoquant l'histoire des livres, qui constitue un des dix panneaux de l'exposition, l'écrivain a parlé de son importance en tant qu'outil d'accès au savoir.
Issa Asgarally devait aussi évoquer les liens qui unissent l'espèce humaine. Selon lui, les enfants doivent s'approprier également les deux sites du patrimoine national devenus mondiaux, l'Aapravasi Ghat et Le Morne, pour s'identifier à leur origine. Pour lui, il ne faut pas que ce qui s'est produit en 1968 et 1999 se reproduise, que la société explose ou implose. Et d'observer que " l'interculturel est un des grands défis du nouveau millénaire ".
La cérémonie d'hier a pris fin avec une distribution de livres aux enfants et une visite guidée de l'exposition à leur intention par Jean-Marie Leclézio. |
Le Matinal - 17.05.2010

Jean-Marie Le Clézio remet des livres aux enfants défavorisés
Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature, a remis des livres aux enfants défavorisés au centre social de Bambous, dimanche. Il a participé à la première activité de la Fondation pour l’interculturel et la paix (FIP).
La centaine d’enfants réunie a eu une interaction avec Le Clézio et a participé aux jeux de sirandanes. L’écrivain, fondateur du FIP, s’est réjoui de cette initiative.
Des livres de fiction tels que contes, nouvelles, BD et romans dans toutes les langues et venant de toutes les cultures ont été distribués à des enfants de la région. Cette activité a été organisée à l’initiative du Bureau du coordinateur résident des Nations unies à Maurice, de Sarojini Bissessur Asgarally et des représentants du monde du livre à Maurice.
La FIP privilégie l’échange entre les cultures. “Il s’agit là d’un rêve fragile que nous devons tous travailler et nourrir dans l’océan Indien”, a déclaré Jean-Marie Le Clézio lors du lancement du site de la fondation. Il est, par ailleurs, préoccupé par les frontières intérieures dressées contre la pauvreté qu’on doit briser.
La Fondation pour l’Interculturel et la Paix croit fermement qu’il y a un soutien à apporter aux enfants pour qu’ils vivent en harmonie.
La littérature est une des formes qui tendent le mieux vers l’interculturalité car elle permet à l’individu de se libérer du “carcan culturel”. |
Le Monde - 05.02.2010

Le Clézio lance une fondation interculturelle
Le Prix Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio vient de lancer la Fondation pour l'interculturel et la paix, dont l'objectif est de promouvoir la connaissance des cultures du monde et leurs interactions. Cette fondation, dont le siège est à l'île Maurice, a reçu le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Parmi ses premiers projets figurent des expositions itinérantes dans les écoles et la mise en place d'un plan Livres pour tous consistant à offrir aux enfants démunis des ouvrages issus de toutes les aires culturelles. |
L'expres 13.11.2009

Jean Marie Le Clézio en visite
Un Prix Nobel de littérature s’en va défendre les causes de l’interculturel. C’est là l’objectif de la présente visite de Jean Marie Le Clézio. Il lançait hier, la Fondation pour l’interculturel et la paix, aux côtés du linguiste Issa Asgarally. Objectifs de la fondation : « Promouvoir les cultures du monde » ainsi que la promotion à travers des échanges interculturels, la paix entre les nations. C’est en ces termes que l’auteur a brièvement présenté le but de la fondation. Avant de confier cet instant d’émotion, ressenti il y a quelques jours, lors d’une visite à une famille de pêcheurs. Occasion d’une rencontre marquante avec Jessica, huit ans. Une enfant pauvre mais brillante, avec ses « trois A » . « Elle a besoin d’aide. La fondation doit trouver les moyens de mettre en place des aides scolaires, note Jean Marie Le Clézio . Il faut agir sur l’humain . » Cette fondation a une liste de huit projets. La première action a été de recueillir l’adhésion de trois librairies – les Editions le Printemps, Book & Business et Bookcourt – qui ont accepté de faire des dons de livres, dont un dictionnaire. Et le Prix Nobel de se rappeler qu’à sa naissance, « pendant la guerre, nous n’avions pas de livres.
On lisait le dictionnaire comme un roman, c’était une initiation à la culture, à l’histoire, un très bon départ de lecture » . La présence de l’auteur chez nous a aussi coïncidé avec le lancement du hors- série du magazine des livres Italiques .
A. G.- H |
L'express 10.11.2009

J. M. G.Le Clézio vient soutenir l’interculturel
Le Nobel est de retour dans sa « petite patrie » , l’un des « endroits qu’il préfère au monde » . Jean Marie Le Clézio est chez nous, depuis deux jours. Il est venu se ressourcer dans la « terre de mes ancêtres » , c e « pays qui m’a beaucoup nourri même si je n’y suis pas né » . C’est en ces termes qu’il décrivait notre île, il y a un an, quand il recevait le prix Nobel de littérature. L’écrivain qui a fait le déplacement chez nous pour de multiples raisons, présidera jeudi, au lancement de la Fondation pour l’interculturel et la paix. Un établissement créé avec le concours d’Issa Asgarally, linguiste. Une fondation qui a déjà une liste de huit projets, confie le linguiste.
« Nous allons démarrer avec quatre d’entre eux » , en glissant que l’un d’eux aura un volet pédagogique, en collaboration avec le Mauritius Institute of Education . Ainsi que l’intention d’organiser, « une grande conférence » . Une fondation basée à Maurice qui ambitionne de réaliser des actions internationales, ajoute Issa Asgarally.
L’interculturel est une idée que le Prix Nobel a à coeur. En 2005 déjà, il signait la préface de l’essai d’Issa Asgarally publié en 2005, L’interculturel ou la guerre . Il y soutenait que Maurice, « ce petit pays a véritablement tout connu, tout vécu, sauf une chose qu’il ne saurait envier aux grandes nations, la guerre. Le pacifisme à Maurice n’est pas une idée intellectuelle, ni un luxe de philosophe. Il est une absolue nécessité » . Attention, il s’agit de ne pas confondre l’interculturel avec le multiculturel.
Ce sont même des concepts opposés. Là où l’interculturel privilégie l’unité, le multiculturel, « compartimente les cultures et les individus » , dit Issa Asgarally.
Ce dernier profitera de la présence du Prix Nobel pour lancer, jeudi, un hors série : J. M. G Le Clézio, prix Nobel de littérature Hommages, témoignages, analyses . L’écrivain est aussi là, dans le Sud, « d’abord parce que c’est Maurice, mais aussi pour sa fille » , glisse Issa Asgarally. Alice Le Clézio étant dans l’île pour réaliser des reportages pour le magazine Geo .
Aline GROËME- HARMON
|
|